L’enquiquineur
La réputation acariâtre de Calvin est tenace, mais fondée. Son influence et ses prétentions sur les mœurs genevoises ne sont pas vues d’un bon oeil par tous les citoyens. Pierre Ameaux, membre du Petit Conseil (l’équivalent de l’actuel Conseil d’État) et fabricant de cartes à jouer ruiné par les velléités morales de la vision sociale calvinienne, fera les frais des critiques qu’il adresse au Réformateur. Il dénonce la rigueur de Calvin et affirme de ce « Picard » qu’il prêche « fausse doctrine ». Ameaux sera condamné en avril 1546 à « devoir faire le tour de la ville en chemise, tête nue, une torche allumée en sa main ».
Et comme pour se rattraper des rapports souvent tendus entre Calvin et la population, on raconte que les Genevois appelaient volontiers leur chien : « Calvin ! ».