Images : la grande méfiance
« Les protestants n’aiment pas les images ! » L’opinion est bien ancrée, pas sans raison. Pour les réformateurs, les images religieuses qui font l’objet d’une dévotion particulière sont à proscrire ; on hésite alors entre présence mesurée mais inutile au salut, et iconoclasme agressif.
Et à Genève ? En 1536, lors de l’adoption de la Réforme par les autorités politiques, les hostilités sont populaires et spontanées : destructions de statues, badigeons sur les fresques trop catholiques. La cathédrale conserve toutefois ses chapiteaux.
Pour Calvin, Dieu est esprit et ne peut donc pas être représenté, et l^’image ne saurait en aucune façon être utile à l’adoration.
Face à cette position très tranchée, la Réforme concèdera néanmoins que, hors du culte d’où elles sont absolument exclues, les images peuvent avoir un rôle pédagogique. Elles seront dès lors enrôlées au service de l’illustration, notamment pour des Bibles illustrées.